48 clés pour un management durable

Publié le 9 Mai 2013

Xavier Camby, 48 clés pour un management durable. Bien-être et performance, Yves Briend Editeur, mai 2013.

 

A l’heure où les écoles ou systèmes de pensée ne manquent pas pour garantir votre management sans que les présupposés soient toujours bien clarifiés, ce livre lumineux de Xavier Camby plaide pour une alternative opérationnelle. Quarante-huit propositions simples viennent vous aider à élaborer votre façon personnelle de diriger une équipe ou une entreprise par des auto-évaluations et des exercices simples.

 

L'auteur

Xavier Camby (né en 1965) est diplômé de l’ESSCA (École Supérieure des Sciences Commerciales d’Angers), de la Wirtschaftsuniversität Wien (Université d’Économie de Vienne en Autriche) et du DJCE (Diplôme de Juriste Conseil d’Entreprise). Après avoir été inspecteur des marchés financiers pour le gouvernement français et chasseur de têtes, il a dirigé plusieurs sociétés de prestations de service et de conseils en ressources humaines en France (notamment Executive Director de Michael Page International), en Afrique du Sud et en Suisse. Il dirige désormais à Genève la société Essentiel Management qui intervient en Belgique, en France, au Québec et en Suisse.

 

L’objectif de ce livre

L’objectif poursuivit par l’auteur est de mettre en œuvre une écologie humaine et de nous aider à devenir des managers « durables ». De même en effet que les succès de la physique nous ont fait croire que l’on pouvait faire n’importe quoi du monde, voire le défaire, de même les succès des sciences humaines nous ont conduits à croire que l’on pouvait faire n’importe quoi de l’homme. L’écologie nous rappelle ici utilement qu’il y a des grands équilibres dans le monde et qu’il est toujours risqué d’y toucher. C’est ainsi qu’il faut comprendre qu’il y a proprement une écologie humaine, c’est-à-dire des équilibres fondamentaux à préserver dans l’homme. Il s’agit donc « d’emprunter à l’écologie la notion de durabilité pour l’appliquer au manager d’entreprise » (16). En plaidant pour une nouvelle écologie économiquement humaine, la performance économique n’est en rien oubliée. Tout au contraire, réfléchir sur notre méthode de management comme sur le management que nous acceptons pour nous-même est un investissement « plus rentable que de laisser tant d’accidents relationnels mal managés finir en difficultés interpersonnelles et en conflits onéreux » (19).

 

L’architecture de ce livre

Xavier Camby introduit ces quarante-huit clés pour un management durable par une première partie en quatre chapitres qui constituent une réflexion sur le monde du travail et sur certaines idées qui peuvent y sévir. Les notions d’entreprise, de leadership, de management et de travail sont définies avec précision en opérant les distinctions nécessaires. La seconde partie présente quarante-huit libres propositions réparties selon la thématique écologique choisie pour devenir un manager :

  • durablement non-toxique pour soi-même et pour son entourage (propositions 3 à 14),
  • responsable en utilisant ses ressources sans les épuiser ni les tarir afin de produire une richesse à partager (propositions 15 à 26),
  • bio-diversifiant en valorisant les différences comme la source d'une précieuse valeur ajoutée (propositions 27 à 37),
  • et enfin recyclable, c’est-à-dire capable de plusieurs vies économiques utiles (propositions 38 à 48) !

 

Prendre conscience du caractère artificiel de l’entreprise

Xavier Camby part du constat qu’une entreprise est une communauté humaine tout à fait artificielle, le lieu d'antagonismes personnels ou catégoriels, de luttes de pouvoir et d'affrontements : « L’entreprise est une unité économique et sociale autonome, dotée d’une organisation propre, où s’affrontent des intérêts individuellement et catégoriellement divergents, en vue de la réalisation d’un objectif pourtant commun et convergent. » (27) Accepter tranquillement ces réalités permet de les compenser efficacement, au bénéfice du bien-être individuel et de la performance collective. Si le conflit apparaît comme co-naturel à l’organisation de l’entreprise, il faut se poser la question de l’utilisation de l’énergie de ces conflits pour produire la plus grande valeur ajoutée possible.

L’auteur plaide en outre pour une revalorisation du travail (35) alors qu’une forte contre-culture du travail paralyse un  humanisme au travail qui réconcilierait le bien-être et la performance, le développement du capital humain et symétriquement la réussite économique.

 

Rompre avec le modèle hiérarchique pyramidal autoritaire

Xavier Camby s’efforce de mettre en lumière la difficulté spécifique du manager. Lors de sa promotion comme manager, il se trouve désormais évalué par rapport au travail des autres, de son équipe et non plus sur ses seules performances personnelles. Passer de l’ « expert » au « manager » exige moins de compétences techniques, mais plus de hauteur de vue, la mise en œuvre de qualités personnelles, un engagement plus entier et plus responsable. D’une certaine manière, le manager doit se déspécialiser, ce qui représente un changement profond et donc inévitablement un temps nécessaire d’adaptation (52-55). Les distinctions entre « pouvoir » et « autorité », comme entre « management » et « leadership » (36-42) aident ici à comprendre l’inversion requise par l’auteur.

Xavier Camby n’entend pas dresser le portrait du manager idéal mais plus essentiellement clarifier les conditions de possibilités d’un management afin d’en faire une expérience positive quotidienne permettant l'épanouissement de chaque talent personnel, dans l'affirmation et le respect des différences individuelles. C’est tout l’enjeu des quarante-huit propositions qui veulent aider chacun à  élaborer une méthode de manager personnelle,  ayant son caractère propre.

 

Une clé fondamentale : l’humilité

Tout au long du livre revient régulièrement la même exigence : le manager doit être apte à gérer ses émotions propres. La maîtrise de notre intelligence émotionnelle nous permet non seulement de faire face à l’adversité mais aussi de savoir susciter le meilleur de chacun de nos collaborateurs. Xavier Camby voit tout particulièrement dans l’humilité (114-120) un instrument efficace pour cette tâche. N’ayant rien à voir avec la négation de soi, du dénigrement ou de l’humiliation, il s’agit tout au contraire selon ce que nous suggère l’étymologie de ce mot « d’être et de demeurer labourable et fertile ». Rien de surprenant ainsi que la première proposition soit  « de changer soi-même avant de vouloir changer les autres » (126-128), et la deuxième de « se former incessamment » (129-131). La dixième proposition nous montre quant à elle que simplicité, patience et bienveillance sont fruits de l’humilité. Pareillement l’épreuve du temps (58-64), de la solitude (71-72), de la gestion des talents (80-82) comme celle de la communication (86-98) nous renvoie immanquablement à notre attitude intérieure la plus intime.  Il est donc important de bien comprendre l’humilité comme la libre disposition intérieure pour autrui ainsi que comme l’acceptation simple du réel contingent (64).

 

Lire pour se ressourcer

La neuvième proposition (152-154) devrait vous inviter à prendre ce livre près de vous pour y revenir régulièrement au gré  d’une proposition par jour ou par semaine selon votre endurance. La lecture s’avère être en effet un instrument de choix pour rétablir notre harmonie intérieure (153).

Citation, p. 134 : Proposition n° 3 : « La joie et l’humeur positive »

Un manager triste est un triste manager, pourrions-nous dire, parodiant une célèbre citation du dauphinois François de Sales – un joyeux drille, d’après ce qu’on en sait – qui enseignait avec un inaltérable humour des choses parfois assez austères. Être joyeux – cela relève du bon sens commun – attire, fédère, encourage. La joie réconforte, soulage, apaise, repose, et soi-même et les autres. Les vrais humoristes sont des bienfaiteurs en humanité et leur humour devrait faire partie des prescriptions médicales courantes. L’austérité ou la gravité qu’affichent parfois certains responsables ne sont pas la garantie de leur sérieux, de la productivité de leur travail, ni encore de leur compétence. Elles ne sont que rébarbatives et ne suscitent que l’antipathie. Et la joie n’est pas du tout symptomatique de légèreté. Au contraire. L’humeur positive peut se décider, se stimuler et s’entretenir. Lorsqu’à l’improviste s’imposent des idées noires, quelques tristesses passagères sans cause réelles, il nous est possible de les chasser par un simple effort de volonté : il suffit de mettre en œuvre des petites stratégies immédiates pour les éradiquer. Il y a sans doute autant de moyens possibles d’y parvenir qu’il y a de personnes, mais citons quelques-uns, à titre d’exemples…

48 clés pour un management durable

Rédigé par Nicolas Vinot Préfontaine

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M
The different keys for a successful management seem useful. Thanks for detailing it in an elaborate manner and I am sure these should be helpful for many. Many have that managerial skills, however, are not able to maintain it effectively.
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C
C'est une belle après. Merci
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