Le coaching en questions (1ère partie)

Publié le 25 Mars 2014

Afin d’aider une personne dans son discernement sur le bien-fondé du coaching pour elle, il peut être opportun de se poser trois questions. Pourquoi se faire coacher ? Comme se passe un coaching ? Comment choisir son coach ? Telles sont les questions que pose Agnès Wojciechowicz dans une série de trois articles parus sur Cadremploi.fr le 31 janvier dernier. Ces questions me semblent justes et posées dans une bonne chronologie. En revanche, les réponses apportées sont parfois à nuancer, ce qui est l’occasion pour moi de préciser l’enjeu du coaching philosophique.

 

L’efficacité, avant tout !

Une préoccupation légitime sera bien sûr celle de l’efficacité. Je ne vais pas dépenser mon temps et de l’argent pour une pratique aux résultats nuls. C’est précisément ce critère d’efficacité qui fut la pointe d’une critique portée au coaching philosophique. Le coaching recherche l’efficacité, la philosophie non ! Il y a donc contradiction à les réunir. Est-ce si sûr ? Il importe de s’intéresser à ces deux évidences apparentes : l’efficacité est propre au coaching, la philosophie s’en moque ! L’efficacité est bien une cible privilégiée du coaching. Mais si je comprends le travail du coaching comme un travail sur la personne, l’efficacité recherchée est spécifique à cette dimension humaine. On peut perfectionner une machine en vue d’une plus grande efficacité. On ne perfectionne pas de la même façon un matériau humain. Le coach a en face de lui une liberté avec ses résistances, ses peurs et ses attentes. Je veux un coaching pour atteindre tel objectif, par exemple être en mesure de répondre aux exigences d’un nouveau poste. Très bien ! Où se trouve l’efficacité attendue ? Augmenter le chiffre d’affaires ? Améliorer la cohésion de mon équipe ? Ne pas m’épuiser à la tâche, mais savoir durer ? Il n’y a pas à choisir, ces trois buts sont à prendre ensemble. Mais tout va dépendre de la manière dont je comprends personnellement ces objectifs, ma manière toute personnelle de m’y investir où je me redécouvre remis en question. C’est là que la philosophie entre en jeu !

 

L’enjeu du coaching

S’il y a bien question, la réponse n’est pas automatique. Je m’aperçois bien souvent que je dois d’une part réinterroger mes propres questions et je remarque d’autre part inévitablement que cette interrogation ne me laisse pas indemne. Il n’est pas si facile d’être ainsi soumis à la question. Une liberté est en jeu avec la tentation de ne pas vouloir s’y risquer trop avant ! Nos résistances sont subtiles et multiples, sans compter que cet exercice de discernement doit tenir compte de mon environnement et de mes interactions avec autrui. Le coaching vise l’efficacité mais suppose au préalable le courage de se poser les vraies et bonnes questions. Une liberté est en jeu au risque de la tentation de garanties précipitées. C’est pourquoi une affirmation comme celle-ci me laisse très perplexe : « La somme des objectifs de chaque session doit correspondre à l’objectif principal défini lors du premier rendez-vous ! ». Cette mathématisation des objectifs est rassurante. Mais l’objectif principal devra certainement faire l’objet d’une redéfinition au cours des premières sessions et ne sera jamais la somme de sous-objectifs. Dans le domaine humain, terrain principal du coaching, vous pouvez avoir tous les instruments efficients que vous souhaitez, il reste un saut qualitatif et non quantitatif en vue de l’obtention de l’objectif principal. Vous l’avez compris, ce saut qualitatif est celui d’une liberté qui se risque. Les compétences du coaché seront-elles optimisées à la fin du coaching ? Cela me semble très prétentieux. Le coaching crée le terrain favorable où exercer d’une meilleure façon les compétences propres à chacun, ce qui est déjà beaucoup.

 

Une interrogation radicale

« Le propre de la philosophie est de ne servir à rien. » Propos facile mais qui ne me sert à rien non plus. S’astreindre à l’exercice philosophique demande patience et humilité de l’esprit : l’amour de la sagesse n’est pas un dilettantisme de l’esprit ! C’est une quête incessante qui ne se nourrit de trouvailles que pour redoubler sa recherche. Comme pour le coaching, l’efficacité de la philosophie n’est pas de l’ordre du quantitatif. Et comme pour le coaching, la réflexion philosophique est bien à la recherche d’un résultat. Si la recherche de la vérité peut sembler prétentieuse, convenons au moins que l’effort d’une juste disposition dans cette recherche touche à l’essentiel. Là aussi je paye de ma personne, ma liberté est en jeu. Si le but de la philosophie n’est pas de trouver des réponses pour s’y complaire éternellement, son efficacité réside dans la capacité à réinterroger ce qui semble si évident jusqu’à se découvrir soi-même comme une question. La force de cette interrogation radicale permettra précisément l’ouverture à tout ce qui m’est étranger, comme peut l’être un changement de poste, de nouvelles responsabilités ou la recherche d’un équilibre entre vie familiale et vie professionnelle…

 

Le terrain favorable

Nous venons de remarquer un point commun fondamental dans la pratique du coaching et dans celle de la philosophie. Nous sommes confrontés à chaque fois à l’exercice d’une liberté qui se risque dans le questionnement. Nous tenons par là même un critère très important de la bonne relation à attendre entre coach et coaché. Ecoutez un instant la liste des garanties du bon coach : « grande expérience réussie du monde de l’entreprise », « diplôme de coaching », « thérapie suivie », « beaucoup de pratique du coaching », « présence d’un superviseur, gage de qualité ». Un vrai Goliath du coaching ! J’avoue tout simplement ne pas faire le poids face à un tel étalage de force. Remarquons cependant qu’une règle d’or de l’accompagnement édicte que l’efficacité (nous la retrouvons !) de l’accompagnateur n’est pas dans son savoir mais dans son non-savoir. Pourquoi ? Car c’est mon non-savoir qui va d’une part éviter de court-circuiter ce que l’autre cherche à me dire, d’autre part me freiner dans ma volonté de lui apporter une réponse tout faite. Encore une fois, ce n’est que dans le jeu de deux libertés qui se risquent que la relation peut être féconde. Or cette réalité tierce qu’est la relation elle-même, gage de la réussite du coaching, ne peut venir au jour que dans un certain dessaisissement des deux interlocuteurs. Le coach que je cherche sera celui qui non seulement se met à mon écoute mais saura me rendre sensible au fait que la réponse à mes questions ne se trouvent ni en lui ni en moi mais dans un entre-deux qui n’est pas un espace neutre où deux sommes s’annulent mais le terrain favorable où se risque ma liberté.

 

Le coaching philosophique

Dans la démarche de coaching philosophique que je propose, je m’appuie sur une expérience personnelle et professionnelle atypique ainsi que sur une très solide formation philosophique. Je promeus une approche qui n’a rien à envier à d'autres moins éprouvées. Ici, la philosophie n'est clairement pas une fin mais un moyen, c'est pourquoi lors des entretiens il n'en n'est pas forcément question. Vous n’avez pas besoin vous-même de devoir justifier de connaissances philosophiques. Je propose finalement une disposition spécifique, celle de l’écoute, qui permet de discerner clairement les points à travailler.

Rédigé par Nicolas Vinot Préfontaine

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